| Résumé |
Quatre-vingt-dix pages de sensations fortes. Sophistication de l'écriture, rigueur du style, richesse du vocabulaire, humour dévastateur, cet étrange objet littéraire mérite que l'on s'y attarde, d'autant qu'on peut y lire en filigrane un ultime règlement de compte avec la peinture, sa vocation ratée : Le seul rire qui pourrait s'échapper à la lecture de mon livre, déclarait Serge à Art Press, serait un rire nerveux, parce que mon propos est tragique à l'extrême. Evguénie Sokolov est une autobiographie prise au grand angle, c'est-à-dire avec distorsions. distorsions atroces qui peuvent rappeler la manière de Francis Bacon. Auteur, compositeur, chanteur, photographe et metteur en scène, Serge Gainsbourg a écrit le roman d'un peintre, Evguénie Sokolov. Un peintre génial et solitaire. Mais quel est le secret de son génie, de ce vibrato du dessin, de cette manière "sismographique " qui fait sa gloire ? C'est ce mystère que révèle le roman. Un style froid et précis ajoute à la provocation d'un récit qui expose le destin le plus insolite que l'on puisse imaginer. Sarcastique et drôle, pour raconter une tragique histoire, Serge Gainsbourg nous propose en fait une " allégorie". |