| Résumé |
L'histoire véridique d'Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir, à la fin des années 1970. Chef de gang spécialisé dans les «affaires de jeu» à Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa un doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les coutumes et les rituels de cette confrérie et nous guide dans le monde souterrain du crime organisé au Japon. Extrait du livre : La petite vérole Au bout d'une année de travail à Fukagawa, un gars du nom de Shinji, qui travaillait dans un atelier de chaussettes à semelles de caoutchouc pour les ouvriers, m'emmena avec lui dans le quartier des plaisirs. Il aimait le jeu, et dès qu'il avait le temps, il venait au dépôt de charbon pour perdre de l'argent avant de retourner chez lui. Ce jour-là, pourtant - je ne sais pas ce qui lui prit -mais ça devait être son jour de chance car il avait gagné un peu d'argent et il me dit : «C'est moi qui paie, alors tais-toi et ramène-toi.» Il pensait que de temps en temps je devais mettre mes mains sur autre chose que du coke : travailler toujours sans jamais s'amuser, comme on dit, eh bien... «Un homme doit semer beaucoup d'avoine quand il est encore jeune, dit-il. Il faut que tu goûtes une fois au boudoir. Fais-toi montrer comment tirer les ficelles par une femme mûre...» Il avait juste un peu plus de vingt ans mais à sa tête vous auriez cru qu'il en avait au moins trente. Il allait en chantant des airs idiots du genre : Il titube - mon vieux beau - Dans son plus beau kimono, Les poches pleines de fric Pour se payer des femmes et le reste. Mais je ne l'oublierai jamais - oh non, Où qu'il aille se reposer ! Mais l'endroit où il m'emmena n'était pas un bordel de grande classe, c'était une mauvaise petite maison de thé le long d'une allée qui allait vers le sanctuaire de Hachiman. Ce genre de maisons de thé s'occupaient surtout de fournir des femmes, alors on n'y trouvait pas grand-chose à manger - seulement des boulettes, du saké doux, des gâteaux de riz, des sucreries et du thé pour accompagner, au mieux. «Elle est libre ? demanda Shinji au patron, enfournant une boulette dans sa bouche. - Oui, bien sûr. - C'est pas pour moi, aujourd'hui, c'est pour le petit jeunot, là. Vous vous en occuperez, c'est d'accord ?» Le patron m'emmena plus loin au fond de l'allée, où se trouvaient plein de petites maisons tassées les unes contre les autres. On marcha un moment et on s'arrêta en face d'une maison avec un ginkgo devant. La barrière avait une porte en bois, qu'on passa, puis on traversa un jardin, et il y avait une autre maisonnette au fond du jardin. L'approche de la mort est toujours un instant de vérité. Avant d'expirer, Ijichi Eiji, célèbre yakuza, confesse à son médecin comment il est devenu l'un des plus célèbres chefs du crime organisé au Japon. Ce récit palpitant nous emporte dans les arcanes d'une confrérie et de ses rituels. Des années après avoir fait fortune grâce aux tripots de jeu, le yakuza s'est repenti en se coupant un doigt. L'histoire vraie d'un joueur professionnel devenu gangster d'honneur. |