‹ Retour

Figures du communisme

Titre Figures du communisme
Auteur Frédéric Lordon
Editeur La Fabrique
Année 2021
Format broché
ISBN 9782358722131
Rubrique Livres / Histoire, actualité, politique / Sciences politiques / Histoire des idées politiques
Résumé Communisme ou barbarie, l’alternative est a` nouveau sous nos yeux, peut-e^tre me^me l’est-elle pour la premie`re fois a` ce degre´ d’acuite´. Cette fois c’est la plane`te elle-me^me qui nous somme. Ou pluto^t la plane`te telle que nous nous la rendons a` nous-me^mes inhabitables. Sur ce front-la`, on ne tergiverse pas, on ne ne´gocie pas, on n’atermoie pas. Le changement climatique est en marche et, pour la premie`re fois, la Covid-19 nous a fait apercevoir que nous n’aurions pas seulement a` en souffrir les canicules, les e´pisodes me´te´orologiques extre^mes ou les pieds dans l’eau, mais e´galement la libe´ration de virus dont celui qui nous met presque a` genoux en ce moment est sans doute l’un des plus « be´nins ». Pose´e l’urgence de la situation, c’est l’urgence de penser la situation qui est pose´e avec elle. Mais peut- e^tre « penser » n’est-il pas le mot le plus approprie´ quand il s’agit de donner le plus de chances a` la bonne branche de la bifurcation. « Imaginer » pourrait e^tre meilleur. Car la politique, de`s lors qu’elle n’a pas pour seule ambition de reconduire l’ordre des choses a` l’identique, au moment me^me ou` elle fait face a` l’obli- gation impe´rieuse de faire advenir du radicalement diffe´rent, la politique, donc, est affaire d’imagina- tion, au sens litte´ral du mot : d’offrir des images. Ou des figures. Aller vers un avenir suppose de s’en e^tre donne´ des figures. C’est ce que ce livre s’essaye a` faire, a` partir d’une position de principes fondamentaux, dont le premier e´nonce qu’une socie´te´ communiste a pour devoir de relever les individus de la pre´carite´, de les libe´rer de l’angoisse des lendemains dans laquelle le marche´ capitaliste, qui de´tient toutes les donne´es de leur reproduction mate´rielle, les plonge ine´vitablement – et l’effrayante crise sociale qui s’annonce a` la suite de la crise sanitaire se chargera d’en donner l’illustration. L’instrument de cette libe´ration s’appelle « la garantie e´conomique ge´ne´rale ». Elle est directement inspire´e des travaux de Bernard Friot sur le « salaire a` vie ». Et se pose tre`s explicitement la question d’un nouveau mode de production, c’est-a`-dire des nouveaux rapports sociaux propres a` soutenir une division du travail de´veloppe´e en ses multiples e´chelles : du local au global. Sous cette condition, tous les rapports sociaux peuvent e^tre repense´s – et en l’occurrence les rapports du capitalisme abolis : rapport salarial, rapports de proprie´te´ prive´e des moyens de production, rapports financiers. C’est ici qu’aident les figures : a` donner des images de ces perspectives constamment renvoye´es au registre de « l’utopie ». La` ou` les figurations progressent, les disqualifications par l’utopie s’effacent. Mais c¸a n’est pas tout d’avoir des figures : il faut aussi imaginer les trajectoires politiques qui permettent de les rejoindre. Au moins en poser les donne´es fonda- mentales : le type de re´sistance que la bourgeoisie opposera a` la disparition de son monde, le type de dynamique politique que cette re´sistance appellera, le type de bloc social a` constituer pour pre´valoir, notam- ment les alliances a` passer entre luttes anticapita- listes et luttes antiracistes, enfin la manie`re dont se rede´ploie la question internationaliste. Le capitalisme détruit les existences. Il les détruit même deux fois. D'abord d'angoisse et de précarité en remet- tant la survie matérielle des individus aux mains de deux maîtres fous : le "marché" et l'"emploi". Ensuite en rendant la planète inhabitable : surchauffée, asphyxiante, et désormais pandémique. Il faut regarder ces faits bien en face et s'astreindre maintenant à un exercice de conséquence. 1 : Le capitalisme met en péril l'espèce humaine. 2 : En 40 ans de néolibéralisme, l'espace social-démocrate où se négociaient des "aménagements" dans le capitalisme a été fermé : ne reste plus que l'alternative de l'aggravation ou du renversement. 3 : Il ne faut pas douter que la minorité qui en tire avantage soit prête à tout pour se maintenir. 4 : Sortir du capitalisme a un nom : communisme. Mais sortir du capitalisme demeure un impensable tant que le communisme demeure un infigurable. Car le communisme ne peut pas être désirable seulement de ce que le capitalisme devient odieux. Il doit l'être pour lui-même. Or, pour l'être, il doit se donner à voir, à imaginer : bref se donner des figures. La fatalité historique du communisme est de n'avoir jamais eu lieu et pourtant d'avoir été grevé d'images désastreuses. A la place desquelles il faut mettre enfin des images de ce qu'il pourrait être lui, réellement.
Où ? Stockage
Prix 12,00€
Etat Comme neuf
Réf interne 31281