| Résumé |
À l'origine de L'Agent secret (1907), un événement historique marquant : en février 1894, Martial Bourdin, un anarchiste, se tue avec la bombe qu'il projetait de poser à l'observatoire de Greenwich, à Londres. Officiellement commerçant, officieusement agent secret infiltré au sein des milieux libertaires londoniens, Adolf Verloc est sommé d'organiser un attentat terroriste dans le but de mettre fin au climat libéral qui règne alors en Angleterre. Paresseux et veule, il se dégote un complice, un jeune homme simple d'esprit qui n'est autre que son beau-frère. Est-il bien sage de choisir un tel acolyte pour une mission d'une si grande importance ? Porté par un ton burlesque et une profonde ironie, ce singulier roman d'espionnage révèle aussi la profonde tendresse de Joseph Conrad à l'égard de ses personnages. "Et l'incorruptible Professeur marcha lui aussi, détournant les yeux de l'odieuse multitude des hommes. Il n'avait pas d'avenir. Il le dédaignait. Il était une force. Ses pensées caressaient des images de ruine et de destruction. Il marcha, frêle, insignifiant, râpé, misérable... mais terrible dans la simplicité de son idée qui voulait appeler la folie et le désespoir à régénérer le monde. Personne ne le regarda. Il alla son chemin, insoupçonné et funeste, tel un fléau dans cette rue peuplée d'hommes." |