| Résumé |
Chez les Navajos, premier peuple indien d'Amérique du Nord, les peintures de sable sont essentielles à la " guérison ". Le patient s'assied en leur centre, face à l'Est, et l'homme ou la femme-médecine recueille avec ses mains des parties de l'œuvre et les applique avec précision - compassion - sur le corps du " malade ". L'ensemble de la cérémonie fait appel à des centaines de chants, de prières, et dure plusieurs jours et nuits. Le but recherché est de retrouver l'état d'hozho, ce mot signifie santé mais aussi beauté, harmonie, ordre. Car le malade est celui qui a rompu, par sa conduite, avec l'équilibre fixé, une fois pour toujours, par les Etres sacrés - ces peintures ont été créées autrefois par les dieux. Responsable de sa maladie, le patient l'est aussi de sa guérison. Ce processus, complexe, n'est pas que " curatif ", au sens strict. Encore qu'il y ait près d'une trentaine de cérémonies différentes, chacune comprenant plusieurs branches et chacune s'adressant à des maux différents. On doit, s'agissant des hommes ou femmes-médecine, parler de " spécialistes " au regard de cette étonnante diversité. S'il faut retenir un mot de la langue Navajo, c'est 'hozho': beauté qui veut dire aussi 'santé'. Ce terme est le fondement de toute une philosophie. |